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Le PNUD en Guiné-Bissau

Le PNUD s’engage dans un cycle de programmation de ses activités pour la période 2003-2007 sur la base des principales orientations de son Programme de Pays en vue de contribuer à l’émergence d’un Etat de droit fort et renouvelé dans ses missions de consolidation d’une économie basée sur les performances et l’équité à travers une administration publique performante et un système de bonne gouvernance. Les objectifs du Programme de Pays sont conformes aux orientations stratégiques et prioritaires du Gouvernement et permettront de contribuer aux deux objectifs stratégiques de développement des agences du Système des Nations Unies en Guinée Bissau tels qu’analysés dans le bilan commun de pays (CCA) et reflétés dans le Cadre d’appui des Nations Unies (l’UNDAF), à savoir : la bonne gouvernance et la réduction de la pauvreté.

 

Pour contribuer à l’achèvement des objectifs prioritaires déclinés dans son Country Programme Outlines (CPO), qui sont de « Renforcer les bases du développement économique et social à travers une bonne gouvernance démocratique » et « Soutenir les initiatives locales de réduction de la pauvreté », le PNUD articule ses interventions autour de quatre composantes:

 

1 - Consolider les bases de la gouvernance démocratique

Effets escomptés :

  • Amélioration des mécanismes de consultation électorale ;
  • Renforcement des capacités contributives des députés dans la gestion du processus démocratique et de l’Etat de droit ;
  • Renforcement de l’accès des populations les plus vulnérables à la justice ;
  • Environnement favorable à la préservation des droits humains et à la cohésion sociale.

 

2 - Appuyer le suivi des politiques et stratégies de développement humain durable

Effets escomptés :

  • Soutien à l’intégration et au suivi par les organisations de la société civile du processus de développement ;
  • Promotion du dialogue de politique sur le développement humain durable ;
  • Mise en place d’une structure d’appui technique et administrative auprès du Gouvernement ;

 

3 - Améliorer le cadre et les instruments de conduite des politiques publiques

Effets escomptés :

  • Soutien à la réforme structurelle de l’administration publique ;
  • Renforcement des capacités de programmation, de gestion et de surveillance budgétaire et fiscale ;
  • Appui au DENARP et au suivi des politiques de lutte contre la pauvreté ;
  • Renforcement des mécanismes de planification, de coordination et de suivi de l’aide ;
  • Cadre réglementaire favorable à l’initiative privée ;
  • Cadre légal, réglementaire et institutionnel favorable au développement accéléré et sécurisé du secteur de la micro finance.

 

4 - Soutenir les initiatives de développement local durable

Effets escomptés :

  • Initiatives de prise en charge des services sociaux de base et de développement du secteur productif par les populations à la base soutenues ;
  • Renforcement des capacités de gestion des groupements organisés au niveau communautaire ;
  • Mise en place d’un Fonds Local de Développement ;
  • Renforcement des capacités des populations dans la lutte contre le VIH/Sida/IST.

I. Notre Rôle de Facilitateur du Partenariat du Développement

 

Ce rôle est assuré à trois niveaux :

  1. L’appui au dialogue des politiques particulièrement à travers le mécanisme des tables rondes générales et sectorielles ;
  2. La mobilisation des ressources ;
  3. La coordination de l’aide.

 

L’appui au dialogue des politiques

La table ronde d’urgence 

En 3 et 4 mai 1999, le PNUD a appuyé le Gouvernement, comme déjà évoqué, à l’organisation de la table ronde d’urgence de Genève. Mais le conflit qui a suivi quelques jours après la tenue de la table ronde a empêché la concrétisation de toutes les promesses d’aides au pays. Reprogrammé pour la fin de 2005, la table ronde a été ajournée encore une fois, à cause de l’instabilité politique vécu dans le pays après la démission du gouvernement par le président de République.

Le Plan de Gestion Economique d’Urgence (PGEU)

Toutefois, dans ce contexte difficile, le PNUD a répondu favorablement à l’appel du Gouvernement de Transition pour l’appuyer, aux côtés du FMI, de la Banque Mondiale et de la BAD, à formuler son Plan de Gestion Economique d’Urgence (PGEU). Le PGEU couvre les années 2004/2005 et repose sur un budget minimum susceptible de permettre le strict fonctionnement de l’Etat et la réalisation des élections législatives. Le gap financier initial était estimé à 18,3 millions de dollars.

 Le Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) et le Fonds Global

Les autorités du pays ont décidé avec l’appui de ses partenaires d’élaborer un plan national de développement sanitaire (PNDS) qui a couvert au début la période 1998-2002. Cette période n’a pas pu être respectée compte tenu du conflit armé que le pays a connu. Il a été révisé durant l’année 2002 dans le souci d’ajuster les données recueillies à l’issue du conflit. Ce plan, prend en compte tous les aspects liés aux différentes maladies (tuberculose, malaria et VIH/SIDA) mais aussi vise à résoudre les problèmes d’accès aux soins de santé primaire. A la lumière de cette considération, le gouvernement a décidé, avec les partenaires au développement, de formuler les stratégies visant la lutte et/ou la réduction de l’impact des trois grandes endémies au niveau du pays.

Fort de cette considération et lors de la présentation du PNDS aux bailleurs de fonds en 1997, le PNUD s’est prononcé sur l’appui de la composante consacrée au renforcement des capacités des hôpitaux régionaux dépourvus de personnel paramédical indispensable pour le fonctionnement ainsi que la dotation en matériels et équipements hospitaliers. A cet effet, l’appui du PNUD a consisté à la fourniture de l’assistance technique des VNU au niveau de ces trois régions sanitaires du pays – Bafata, Gabu et Tombali.

Un plan stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA a été formulé et validé en juin 2002, grâce à l’appui des agences du Système des Nations Unies dans le cadre du programme de renforcement des capacités de Bonne gouvernance qui a constitué la troisième stratégie de lutte contre les grandes endémies dans le pays. Par ailleurs, au cours de plusieurs consultations entre le gouvernement et la Banque Mondiale, cette dernière a également appuyé dans le cadre de sa stratégie de lutte contre le VIH/SIDA, à travers le MAP – Multi country Aid Programme For Africa un projet qui couvrira des actions liées au renforcement des capacités et des activités de réponse nationale.

La totalité du financement requis aussi bien pour le VIH/SIDA, la lutte contre la tuberculose et le paludisme, n’étant pas acquis à travers cette assistance, le gouvernement a conduit des démarches avec l’appui de ses partenaires pour l’obtention de financements non couverts de cette composante, mais aussi les deux autres (Malaria et Tuberculose). Ces démarches ont abouti à la soumission au Fonds Mondial et les négociations sont en cours pour l’approbation des propositions.

Pour faire face aux enjeux d’efficacité et de gestion transparence des ressources qui seront obtenues à travers le Fonds Mondial, le gouvernement qui est chargé de présider l’Instance de Coordination Nationale (CCM) a, dans le cadre de sa collaboration traditionnelle avec le PNUD, choisi celui-ci comme entité chargée de la gestion de toutes ces ressources du Fonds Mondial.

Dans cette optique, le PNUD sera appelé dans le cadre de son mandat de procéder à l’établissement des mécanismes de gestion avec l’implication d’autres entités intervenant dans les trois composantes pour la mise en œuvre des activités prévues (entre autres achat des médicaments et des équipements). Ce rôle qui est dévolu au PNUD sera mené durant deux ans d’exécution de ces projets accompagnés du renforcement des capacités d’une entité nationale qui prendra la relève en vue de rendre les actions durables.

II. Mobilisation et coordination des ressources

Programme d’Action Humanitaire Anti-Mines 

Le PNUD a lancé le projet d’action anti-mines en mai de 2000, avec une contribution initiale de 181,170 US$. D’autres fonds supplémentaires ont été mobilisés pour la réalisation des activités programmées. Ainsi le Royaume Uni et les Pays Bas ont contribué pour un total de 819,155 US$. Ceci a permis de maintenir la dynamique des ONG oeuvrant dans ce secteur.

 Projet d’appui aux élections

    Dans le cadre de son projet d’appui aux Elections Législatives anticipées, le PNUD a appuyé le Gouvernement a organisé les élections législatives des 28 et 30 mars 2004. Cet appui a consisté en une assistance technique et logistique. Le PNUD a mobilisé un montant de 1.433.000 US$ auprès de ses partenaires ainsi que sur la base des ressources propres. Les contributions du Royaume des Pays Bas, de la Suède, de l’Italie, du Portugal et de l’Union européenne ont permis de réaliser les principales activités prévues (recensement électoral, achat de matériel et formation). La SNV est intervenue dans la composante éducation civique.

    Le lancement de ce projet avait créé un climat favorable à la mobilisation par le Gouvernement d’autres ressources, particulièrement dans le cadre de l’UEMOA et de la CEDEAO dont les contributions tant financière que diplomatique ont été déterminantes pour conduire pacifiquement et dans un esprit de compréhension mutuelle le processus démocratique.

     Le Fonds de Gestion Economique d’Urgence (FGEU)

      Pour aider la Guinée-Bissau à mobiliser des ressources complémentaires pour le financement de son gap budgétaire en 2004, un Fonds de Gestion Economique d’Urgence (FGEU) qui est un fonds fiduciaire a été mis en place sous administration du PNUD. Le FGEU est la base du partenariat prescrit par le Group Consultatif ad hoc de l’ECOSOC sur la Guinée Bissau et le Groupe de Travail du Conseil de Sécurité sur la prévention et la résolution des conflits en Afrique, qui a demandé à la communauté internationale de mobiliser une aide immédiate et novatrice pour assurer la stabilité sociale du pays.

      Le (FGEU) est un mécanisme de coordination du financement pour permettre au Gouvernement de la Guinée-Bissau, non seulement de combler l’écart de financement du Budget d’Urgence 2004, mais aussi de faire face à d’autres dépenses prioritaires et à des projets d’assistance technique dans les secteurs sociaux lorsque nécessaire. Ce fonds dont le document de projet a été signé le 8 janvier 2004 entre le Gouvernement et le PNUD a pour principaux avantages :

       

      • la promotion de la transparence et de la responsabilité lors de l’exécution budgétaire ;
      • l’aide au renforcement de la gestion budgétaire nationale comme un vecteur de promotion de la responsabilité fiscale et de la restauration de la confiance des donateurs dans le gouvernement ;
      • au travers de l’assistance technique, appuyer le renforcement des capacités ;
      • servir comme instrument de financement pour les dépenses budgétaires essentielles aux activités du gouvernement.

       

      Le FGEU est aussi destiné à restaurer un climat de confiance entre la Guinee-Bissau et ses partenaires.

      Le FGEU a déjà reçu des contributions d’un montant de 4,276 millions de dollars provenant des Gouvernements des Pays-Bas, de la Suède, du Portugal et du Brésil à travers la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et du Gouvernement Français.

      Le FGEU a joué le rôle de catalyseur en permettant au Gouvernement d’obtenir d’autres ressources de ses partenaires traditionnels (Chine et Portugal), mais aussi sous-régionaux (Ghana, Angola et UEMOA).

       

       

      III.     Défis du Développement et Perspectives

       

      Durant le programme de coopération avec le PNUD (1997-2002) le gouvernent avait démarré un processus de planification pour le développement par l’articulation des différents programmes avec les documents cadres de référence au niveau sectoriel ainsi que les résultats de l’exercice des Etudes Nationales sur les Perspectives à Long Terme/2025 (NLTPS – Djitu-Ten) réalisées en 1996. La dynamique du processus a été interrompue par l’éclatement du conflit de juin 1998.

      Pour une reprise de l’aide au développement il fallait que les conditions adéquates soient réunies, c’est à dire, la paix et la sécurité. Cependant, suite aux élections de 1999/2000 le pays n’a pu terminer les documents de stratégies et d’orientations politiques tels que le DENARP, le PNG et la Lettre de Politique des Infrastructures, à cause des événements politiques survenus, à savoir la dissolution de l’Assemblée Nationale Populaire en novembre 2002 suivi du coup de force du 14 septembre 2003. Une phase de transition politique a été mise en place qui a conduit à la réalisation des élections législatives des 28 et 30 mars 2004.

      Les principaux défis sont de :

      • Réduire la pauvreté en Guinée-Bissau ;
      • Réaliser progressivement l’ensemble des objectifs du millénaire pour le développement ;
      • Améliorer tant la gouvernance démocratique qu’économique.

      Avec la remise en place des institutions démocratiques et l’assurance de la paix et de la sécurité, le gouvernement avec l’appui du PNUD et des partenaires du SNU aura à préparer et à réaliser une table ronde de développement, pour présenter ses documents de base et garantir l’assistance de la communauté internationale aux efforts de développement national.

      Le PNUD va renforcer son appui à la préparation des documents techniques prévus pour la table ronde des bailleurs de fonds.

      Cette table ronde apportera des ressources additionnelles à la Guinée-Bissau pour son programme à moyen terme, particulièrement dans la mise en œuvre de sa stratégie de réduction de la pauvreté. Il s’agira de créer ainsi les conditions favorables à la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. La perspective est de consolider durablement les acquis et d’amorcer le processus visant à combattre la pauvreté, remettre la Guinée-Bissau au travail en sortant de l’instabilité politique et institutionnelle qui prévaut et d’améliorer la gouvernance en privilégiant l’intérêt national.

      Notre rôle sera aussi de voir avec le gouvernement et l’ensemble des partenaires comment mettre en place un mécanisme de suivi efficace des résultats de cette table ronde.

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